Le Horla - Guy de Maupassant

Publié le par czar

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Lecture en vue du  Challenge : Les 100 incontournables!!

 

Résumé:

 

Invisible, indéfinissable, malfaisante, la "chose" rôde déjà autour de lui. L'homme est pris de fièvres, d'insomnies, de cauchemars. L'eau de sa carafe disparaît, la tige d'une rose se brise sous ses yeux, les pages de son livre tournent d'elles-mêmes. Perd-il la raison ? A l'angoisse succèdent la peur et bientôt l'épouvante. Une lutte démoniaque se prépare entre l'homme et cette image maléfique de lui-même qui le dévore peu à peu et s'empare de lui. Qui est cet autre qui maintenant crie son nom, "le Horla" ? "C'est lui qui me hante ! Il est en moi, il devient mon âme ; je le tuerai !"

 

Mon avis:

 

Il fut très intéressant pour moi de revenir sur un des premiers classiques que j'aie pu lire il y a plus de dix ans!!

Je ne m'en rappelais plus, peut être parce que je n'avais pas assez de recule et de matûrité dans mes lectures, que maintenant.

J'y ai redécouvert Maupassant, et avec Le Horla, une littérature qui ne prend pas une ride et qui laisse des traces dans beaucoup de nos lectures contemporaines.

 

On sent vraiment dans cette nouvelle, et dans ce recueil de nouvelles, toute la folie et le mal être de Maupassant. C'est à rendre fou n'importe quel lecteur je pense.

Le narrateur se croit torturé d'un être surnaturel, et cette présence insaisissable devient une véritable obsession. Nous nous faisons les témoins d'un crescendo de terreur, de folie...jusqu'à ce que celle ci devient meurtrière!

Cette obsession, cependant, se retrouve dans beaucoup de ces nouvelles, l'obsession de la mort de l'"inconnaissable", mais aussi des organes et des perceptions, jusqu'à ce que l'incompréhension laisse place à l'aliénation.

 

Le narrateur du Horla aurait très bien pu écrire Lettre d'un fou, du même recueil, qui pourrait très bien passer pour un témoignage, d'un homme qui succombe à sa fièvre, à ses doutes, et accepte tant bien que mal, qu'il ait un problème, sans pour autant démentir l'éventualité d'êtres surnaturels qui se nourirraient de nos âmes...

Un passage de Lettre d'un fou, illustre ce que j'essaie d'expliquer:

"Et cette terreur  confuse du surnaturel qui hante l'homme depuis la naissance du monde est légitime puisque le surnaturel n'est pas atre chose que ce qui nous demeure voilé!

Alors j'ai compris l'épouvante. Il m'a semblé que je touchais sans cesse à la découverte de l'univers. J'ai tenté d'aiguiser mes organes, de les exciter, de leur faire percevoir par moments l'invisible".

 

Souvent j'ai perdu cette distance que l'on se doit de garder de l'auteur et du narrateur: le premier obsédé, drogué, flirtant avec la folie; le second fou, obsédé qui demande à être drogué.

 

Une lecture très instructive!

Publié dans Classique

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